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Le continent africain fait de l’entrepreneuriat un facteur d’émancipation

Portrait of Mehdi Lahlou
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Casablanca Office, Northern Africa
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28 juin 2019

Qui sont les entrepreneuses africaines ? Quelles sont leurs motivations et les freins à leur développement ?

En Afrique, l’entrepreneuriat est un véritable vecteur d’au­tonomisation des femmes et offre d’intéressantes op­portunités de croissance économique. Avec le taux le plus élevé au monde de femmes entrepreneuses (24%), le continent africain fait de l’entrepreneuriat un facteur d’émancipation.

Pour la deuxième année consécutive, Roland Berger et Women in Africa Philanthropy ont joint leurs expertises pour approfondir leur réflexion sur l’entrepreneuriat fé­minin en Afrique. Qui sont ces entrepreneuses ? Quelles sont leurs motivations et les freins à leur déve­loppement ? Quel regard portent-elles sur leur engagement en tant qu’entrepreneurs ou simples femmes ?

L’entrepreneuriat : un choix de carrière attractif

Alors que les hommes cherchent à devenir leur propre patron et à acquérir leur indépendance en se lançant dans l’entrepreneuriat, les femmes sont guidées par la recherche d’impact positif (84%) avec une volonté profonde de changer le monde et leur environnement. In fine, les entrepreneuses ne créent pas leur entreprise à des fins d’enrichissement : seules 16% des étudiantes et professionnelles interro­gées citent « devenir riche » comme une des finalités de leur engagement.

Choix ou nécessité ?

Les femmes entrepreneurs estiment qu’elles se sont lancées dans l’entrepreneuriat par choix : seules 9% d’entre elles citent le chômage, et donc la nécessité, comme facteur déterminant. A l’inverse, plus de 30% des hommes sondés ont monté leur startup parce qu’ils ne trouvaient pas de travail.

Trois obstacles principaux à la professionnalisation de l’entrepreneuriat

Un manque de formation: Les femmes déplorent quand même leur manque de formation techniques et sectorielles. Les dépenses pour l’éducation par personne sont assez faibles. Filles et garçons ne sont malheureusement pas sur un pied d’égalité en termes d’accès à l’éducation, le taux d’alphabétisa­tion des hommes est 1,3 fois plus important que celui des femmes en moyenne. Ils sont également 1,9 et 2,5 fois plus enclins à avoir suivi un enseignement secondaire et post-bac que leurs homologues féminins.

Des interlocuteurs trop peu nombreux: Beaucoup de répondants dénoncent un manque de soutien externe. L’Afrique compte 36 fois moins d’incuba­teurs et d’accélérateurs que l’Amérique du Nord et 17 fois moins que l’Europe alors que la population d’entrepre­neurs est beaucoup plus importante. Sur le plan financier, les garanties et les taux élevés requis par les banques pour contracter un prêt freinent nécessairement le financement bancaire. Pour autant, le financement du capital-risque technologique y connaît une croissance rapide passant d’un taux de croissance an­nuel de 53 % en 2017 à 108 % en 2018, pour atteindre USD 1,63 milliard.

Combattre les inégalités de genre: Dans l’ensemble, les femmes entrepreneuses se sentent désavantagées par rapport aux entrepreneurs, une per­ception non partagée par ces derniers. Seulement 36 % d’entre eux estiment que les femmes sont désavanta­gées, contre 70 % des femmes.

Des perspectives d'amélioration

Améliorer l'éducation des filles et des femmes: Pour Gladys Nelly Kimani, incubateurs et accélérateurs devraient chercher à fournir des formations sur le mar­keting et la finance : « Par exemple, un cours sur Com­ment payer ses impôts aurait été très utile ». Une grande majorité des entrepreneurs interrogés (93%) citent éga­lement la formation technique comme nécessaire au développement de l’entrepreneuriat féminin.

Renforcer les structures professionnelles: Obtenir la bonne information au bon moment est extrê­mement difficile et la création d’entreprises est extrê­mement contraignante. 78 % des femmes interrogées confirment que le processus d’accès au financement doit être simplifié. De leur point de vue, les gouverne­ments devraient également lancer de nouvelles poli­tiques économiques et industrielles pour soutenir les entrepreneurs.

Améliorer les infrastructures financières et de télécommunication: Comme le montrait l’étude de 2018, la mise en place d’infrastructures adéquates faciliteraient l’épanouisse­ment des projets entrepreneuriaux. Le développement des infrastruc­tures de télécommunications est essentiel pour encourager l’entrepreneuriat féminin (le coefficient de corré­lation entre la facilité à faire des affaires et la couverture du réseau 3G atteignait 54% en 2018). Afin de favoriser l’entrepreneuriat, ces structures doivent faciliter les procédures administratives, fixer des prix compétitifs et raccourcir la durée totale des processus.

Étude

Le continent africain fait de l’entrepreneuriat un facteur d’émancipation

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Avec le taux le plus élevé au monde de femmes entrepreneuses (24%), le continent africain fait de l’entrepreneuriat un facteur d’émancipation.

Published juin 2019. Available in
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