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Chief of Staff : la France sur le podium de l’adoption de la  fonction

Chief of Staff : la France sur le podium de l’adoption de la fonction

7 septembre 2026

Deuxième au monde en taux de pénétration, la France doit encore transformer sa croissance en maturité stratégique

En moins d'une décennie, la fonction de Chief of Staff s'est imposée dans les directions générales des grandes entreprises françaises comme une fonction stratégique à part entière. Coordonnateur des priorités, interface entre le dirigeant et ses équipes, garant de la qualité des décisions dans des environnements toujours plus complexes, le Chief of Staff n'est plus une curiosité organisationnelle importée des États-Unis : il est devenu une réalité managériale structurante. La France affiche aujourd'hui l'un des taux de pénétration les plus élevés au monde — mais cette dynamique quantitative dissimule des questions de fond. Quel est le véritable modèle français du Chief of Staff ? Dans quelle mesure se distingue-t-il de ses homologues internationaux ? Et quelles sont les conditions pour que cette fonction atteigne sa pleine maturité stratégique ?

Le Chief of Staff est devenu un acteur clé des directions générales. La prochaine étape consiste à faire évoluer la fonction vers un rôle pleinement stratégique.
Le Chief of Staff est devenu un acteur clé des directions générales. La prochaine étape consiste à faire évoluer la fonction vers un rôle pleinement stratégique.

Une adoption portée par les grandes organisations

La progression de la fonction Chief of Staff en France est sans ambiguïté. Sur dix ans, le nombre de postes recensés a progressé de 144 %, une trajectoire qui place la France dans le groupe des marchés les plus matures, aux côtés des États-Unis.

Ce phénomène est étroitement corrélé à la taille et à la complexité des organisations : plus d'un Chief of Staff français sur deux exerce dans une entreprise de plus de 1 000 salariés. Au sommet des grandes organisations, l'adoption est quasi universelle : près de neuf entreprises du CAC 40 sur dix disposent aujourd'hui d'un Chief of Staff, un taux qui place la France devant les entreprises du S&P 500 américain sur ce segment. Les secteurs de la technologie et des services financiers concentrent la majorité des postes, avec une accélération particulièrement marquée dans la tech française ces cinq dernières années.

À l'échelle internationale, la dynamique est tout aussi significative : des marchés comme l'Inde et l'Allemagne entrent à leur tour dans une phase d'expansion rapide, traduisant la diffusion progressive d'un modèle initialement nord-américain vers de nouveaux écosystèmes managériaux.

"Le taux de pénétration de la fonction de Chief of Staff est désormais un révélateur de la maturité stratégique des organisations."
Laurent Benarousse
Associé sénior, Managing Partner France
Paris Office, Western Europe

Un profil français singulier, ancré dans la culture institutionnelle

Si la courbe de croissance française rejoint celle des marchés anglophones, le profil du Chief of Staff à la française présente des caractéristiques propres. Il est en moyenne plus jeune que ses homologues internationaux, majoritairement rattaché au CEO, et porte des compétences prioritairement institutionnelles — stratégie, affaires publiques, communication des dirigeants. Ce positionnement s'inscrit dans une tradition managériale qui doit beaucoup au modèle du directeur de cabinet, figure emblématique du secteur public français, dont l'empreinte reste particulièrement marquée sur le marché national.

Cette singularité se reflète également dans la structure hiérarchique : en France, le Chief of Staff est encore largement perçu comme une extension directe de la direction générale, tandis qu'aux États-Unis, le rôle s'est diffusé à l'ensemble du top management — COO, CFO, CTO —, signe d'une intégration plus profonde dans la gouvernance corporate. Ces différences traduisent avant tout une adaptation aux réalités organisationnelles et culturelles françaises. Elles posent néanmoins des questions sur la capacité de la fonction à évoluer vers une reconnaissance statutaire plus affirmée.

"9 entreprises du CAC 40 sur 10 ont un Chief of Staff : la fonction est devenu structurante."
Laurent Benarousse
Associé sénior, Managing Partner France
Paris Office, Western Europe

Un accélérateur de carrière, avec des marges de progression réelles

La valeur du mandat de Chief of Staff comme tremplin vers la direction est attestée dans l'ensemble des pays couverts par le baromètre. En France, une large majorité des anciens Chiefs of Staff accèdent à des postes de direction après leur mandat — direction générale, direction opérationnelle, fonctions de CEO ou COO — et les trajectoires de sortie révèlent une forte portabilité des compétences acquises, y compris via la mobilité internationale au sein des grands groupes.

Cependant, l'accès direct au Comex reste significativement moins fréquent en France que dans d'autres marchés de référence. Cet écart reflète à la fois des différences de structures de gouvernance et une culture de promotion interne qui tend à maintenir des étapes intermédiaires avant l'accès aux instances dirigeantes. Pour les organisations françaises, l'enjeu est désormais clair : aller au-delà de l'adoption quantitative, en renforçant la séniorité des profils, en élargissant le périmètre hiérarchique du rôle et en faisant de la fonction un tremplin vers les postes de direction. La fonction n'est plus une innovation organisationnelle — elle est un révélateur du degré de maturité stratégique des entreprises. Quels leviers activer pour franchir cette prochaine étape ? Les résultats du Baromètre 2026 apportent des éléments de réponse concrets.

Au-delà des chiffres, l'essor du Chief of Staff interroge l'évolution des modèles de gouvernance des entreprises. À mesure que les organisations gagnent en complexité, cette fonction est appelée à jouer un rôle toujours plus structurant aux côtés des dirigeants.

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La France figure au 2ème rang mondial pour la proportion d’entreprises employant un Chief of Staff rapportée au nombre total d’entreprises. Découvrez les résultats du Baromètre 2026 Roland Berger et les enjeux clés du rôle.

Published septembre 2026. Available in
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Contacts

Laurent Benarousse
Associé sénior, Managing Partner France
Paris Office, Western Europe
+212 529 0113-54
Anne Corteggiano
Directeur, Press Contact
Paris Office, Western Europe
+33 15 3670-357