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Robustesse des organisations face aux crises : un double paradoxe

Robustesse des organisations face aux crises : un double paradoxe

  • Les entreprises redoutent moins des risques avérés (tels que la crise sanitaire ou les tensions commerciales) que des menaces encore assez virtuelles, qu'elles n'ont sans doute pas expérimentées dans toute leur ampleur (comme les cyberattaques)
  • La raison d'être de l'entreprise apparaît comme le premier levier à activer pour rendre l'entreprise plus robuste, alors qu'elle ne correspond pas aux facteurs jugés comme les plus critiques pour leur survie, face aux chocs exogènes

Paris, 2 novembre 2021

Afin de comprendre les facteurs de résistance des entreprises face aux enjeux économiques, sociétaux, technologiques et géopolitiques, le cabinet Roland Berger a mené une enquête auprès des dirigeants de grandes organisations françaises, qui expriment une relative confiance dans la solidité du modèle de leur organisation (note globale : 6,6/10). Mais leur positionnement face aux menaces et aux mesures à mettre en place n'est pas sans contradictions.

Des enjeux sociétaux et technologiques perçus comme plus menaçants que les risques économiques et géopolitiques ou sanitaires

Les entreprises redoutent davantage les menaces qu'elles n'ont pas encore expérimentées, qu'elles soient technologiques comme les cyber-attaques ou d'ordre sociétal, comme la difficulté à intégrer les jeunes générations (Y et Z) dans le marché du travail à moyen terme. Ce qui rend ces risques plus inquiétants pour les dirigeants, est l'absence de processus éprouvés pour y répondre, parce qu'ils sont nouveaux ou se matérialisent rarement. A l'inverse les potentielles crises qui font l'actualité brulante – tels que la crise sanitaire ou les tensions commerciales croissantes - sont des chocs plus courants ou familiers donc jugés mieux maitrisés par leur entreprise.

La raison d'être, un outil de premier plan pour la stratégie d'entreprise ?

Face aux leviers à activer pour renforcer la robustesse de leur organisation, les dirigeants prévoient de se concentrer en priorité sur leur culture d'entreprise. L'enjeu est économique : se prémunir du risque (à moyen ou long terme) de disruption par de nouveaux acteurs ; mais aussi sociétal, afin de mieux intégrer les nouvelles générations en quête de sens au travail. Selon l'enquête, la raison d'être serait ainsi le premier facteur de robustesse à renforcer pour 60% des répondants, suivi de la qualité du travail des employés (38%) et de l'agilité de l'entreprise (33%).

Ces facteurs de résistance aux crises jugés prioritaires, relevant du "software", renforcent l'entreprise sur le moyen ou le long terme, mais ne correspondant pas aux forces jugées les plus critiques pour la robustesse de l'entreprise. A contrario, les facteurs relevant du "hardware" comme la taille des entreprises ou la solidité des actifs et de l’écosystème, jouent un rôle clé pour se prémunir structurellement contre les menaces de long terme. Les fondamentaux du marché et la qualité du travail des employés sont considérés comme les atouts primordiaux pour résister aux chocs exogènes.

La priorité donnée au court terme est paradoxale, mais elle peut s'expliquer par une réponse pragmatique : les entreprises agiraient sur les facteurs sur lesquels ils considèrent avoir le plus de maîtrise. En outre les dirigeants sondés feraient preuve d'une illusion de supériorité par rapport à leur marché : l’évaluation de la solidité de leur modèle est en moyenne 11% supérieure à celle de la santé du secteur concerné.

"Dans les temps troublés que nous vivons, nous avons cherché à comprendre les facteurs de résistance des organisations face aux menaces exogènes, et les actions à mener pour toujours mieux s'en prémunir. Pour favoriser une robustesse structurelle, il est essentiel de solidifier les actifs de l’entreprise, et cela doit passer par sa taille. Des opérations de consolidation sont nécessaires, pour réaliser des économies d’échelles ou des initiatives de diversification, sources d’avantage concurrentiel et de robustesse", déclare Laurent Benarousse, Senior Partner chez Roland Berger

"Face aux enjeux socio-économiques qui pèsent sur les entreprises, nécessitant de savoir intégrer et fidéliser les jeunes générations et d'adapter leurs modèles économiques aux attentes en mutation de leurs publics, les organisations doivent initier des stratégies RH, pour développer leur agilité et améliorer la qualité du travail de l'ensemble de leurs salariés. Elles disposent également d'un levier majeur et plutôt récent pour adresser ces enjeux : définir leur raison d'être, qui constitue une brique incontestable de leur robustesse" ajoute Steve Danino, Principal chez Roland Berger, "source d'avantages concurrentiels et de résilience face aux chocs exogènes".

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Étude

Le double paradoxe de la robustesse des entreprises

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L’appréhension des enjeux sociétaux, économiques, technologiques et géopolitiques par les entreprises, et les facteurs clés de résistance face aux risques.

Published novembre 2021. Available in
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