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Etat des lieux numérique de la France

Portrait of Nicolas Teisseyre
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Paris Office, Western Europe
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Pourquoi un état des lieux numérique de la France ?

Patrie d‘acteurs technologiques puissants, avec une infrastructure télécom pionnière et forte d‘une pénétration élevée d‘internet auprès des utilisateurs, la France semble tout avoir pour être un pays leader dans le nouveau système économique et sociétal engendré par les révolutions du numérique.

Au-delà de ce constat « de surface », il convient de s‘interroger sur la capacité de notre pays à s‘adapter à la nouvelle donne de la numérisation de notre monde. Plus encore, la question de la préparation à l‘avenir est primordiale : la France se donne-t-elle les moyens d‘être une grande puissance économique dans le contexte numérique de demain et conserver toute son attractivité ? A ce titre, une analyse de la situation à date s‘impose.

A travers ces travaux, nous avons souhaité établir un constat du positionnement de la France quant aux différents leviers de la numérisation : usages numériques des citoyens et en entreprise, transformation numérique de l‘Etat, formation et compétences en numérique, rôle des entreprises « locomotives » du numérique et de tout l‘écosystème d‘innovation.

Cette étude, menée avec la collaboration et le soutien de Google France vise à documenter la réalité de l‘état des lieux du numérique en France à travers une sélection d‘indicateurs. Pour cela, les données nationales et internationales issues de sources reconnues les plus récentes ont été utilisées.

Avertissement méthodologique
Ce travail a pour objet d’aller chercher les meilleures pratiques en Europe et/ou dans le monde, de manière à montrer et démontrer le champ des possibles. Pour ce faire, sur l’ensemble des indicateurs proposés, le panel des pays comparés à la France est amené à varier, en fonction de quel pays est le meilleur dans sa catégorie, de la pertinence de la comparaison et bien sur de la disponibilité de données récentes.

Libérer le potentiel des usages français : 10 points de croissance à gagner

La présence remarquée de la France au CES 20171) (troisième présence mondiale avec 275 entreprises dont 233 startups), illustre un dynamisme porteur d’espoir en matière de numérique. Il en va de même pour la boulimie des Français en matière d’usages numériques ; nous sommes parmi les premiers en Europe en terme de dépenses e-commerce par internaute acheteur, pour l’utilisation du covoiturage ou encore pour l’équipement des foyers en VOD.

Cependant le retard de la France reste important dans de nombreux domaines, tels que les usages mobiles : seules 27% des pages vues le sont sur mobile, contre 41% au Royaume-Uni. Les entreprises françaises sont également à la traîne en matière d’équipement et d’usages numériques,

comme pour l’utilisation de logiciels CRM (46% des grandes entreprises seulement). La France fait par ailleurs face à une insuffisance de compétences numériques : 42% des entreprises ont des difficultés à recruter ce type de profils, alors même que la moyenne européenne se situe à 38%. En matière d’éducation, notre pays est l’un des derniers en Europe à avoir introduit l’apprentissage du code dans les programmes scolaires. Pour autant, seules 80 personnes sont dédiées à la transformation numérique au sein des services de l’Etat, contre 500 au Royaume-Uni !

Ainsi, avec une population prête à s’emparer plus encore du numérique et un héritage riche, la France dispose d’une base solide pour devenir une puissance économique numérique. Mais, au-delà de quelques initiatives à forte visibilité, elle n’a aujourd’hui que peu engagé sa transformation.

Certaines études mesurent le niveau de numérisation de la France à 12%, soit au niveau de la moyenne européenne, mais en retard par rapport aux pays les plus avancés, tels que les Etats-Unis (18%), le Royaume-Uni ou la Suède (15%). En doublant ce niveau, un gain de 10% de PIB est atteignable à horizon 2025, ce qui permettrait de créer 200 à 250 milliards d’euros supplémentaires de valeur par an !

Les enjeux de la numérisation, et les leviers sont multiples.
Il s’agit de diminuer la dépendance aux importations, d’accélérer les exportations de biens et services, d’augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs, d’augmenter leur qualité de vie, de moderniser des filières entières, de donner les moyens aux entrepreneurs et innovateurs de créer en France…

Dans ce cadre, l’Etat aura un rôle fondamental. Parmi les pistes de travail figurent l’éducation, la formation et l’acculturation (de la maternelle aux seniors), l’attention à porter aux infrastructures très haut débit, l’attractivité de la France pour les travailleurs, acheteurs et investisseurs étrangers, le rôle de l’Etat-prescripteur, le rôle du régulateur, entre autres.

Il est aujourd’hui encore temps pour réagir et dynamiser les citoyens, l’Etat, les entreprises et les investisseurs dans leurs approches du numérique et faire revenir la France au niveau des leaders que sont les Etats-Unis, la Chine, le Royaume-Uni ou bien les pays nordiques.

S’engager dans une nouvelle étape de la révolution numérique pour en faire un vrai moteur de la croissance en France

Les usages des Français sont matures
Très connectés, très équipés et adeptes d’usages innovants, les Français sont prêts à saisir les opportunités offertes par le numérique. Cela représente un marché domestique important, un potentiel de gain de temps, d’énergie et d’argent pour les citoyens, une opportunité pour aider les entreprises à faire leur transformation et un terreau fertile pour l’innovation et le développement de champions du numérique. Pourtant plusieurs indicateurs placent la France en retard dans l’économie numérique mondiale : un fort déficit commercial « du clic », une faible part du numérique dans le PIB, l’absence de pure players dans le CAC40…

La phase d’accélération numérique n’a pas encore été suffisamment enclenchée
Il semble que la France se repose trop sur ses acquis des dernières décennies. Les infrastructures télécom qui ont fait le succès de l’ADSL et du mobile ont pris du retard dans la nouvelle ère de la fibre et de la 4G. L’Etat, pionnier avec la carte Vitale ou le paiement des impôts en ligne, ne se transforme que très lentement désormais. Les grandes entreprises du numérique sont les mêmes qu’il y a 20 ou 30 ans. Quelques acteurs domestiques tirent leur épingle du jeu, mais ne s’internationalisent que très peu dans un contexte mondial. Les entreprises « traditionnelles », et plus particulièrement les plus petites, continuent d’utiliser les outils informatiques acquis il y a 10 ou 20 ans mais n’abordent que peu la vente en ligne, le « cloud », la robotisation,…
Faute d’offre pertinente, même les utilisateurs commencent à perdre leur avance, en se focalisant sur des services « fixes » et gratuits, bien plus que sur le mobile et la dématérialisation des contenus. Si la France communique fortement sur ses initiatives (investissement de Bpifrance, nombre et taille d’incubateurs,…) et succès (quelques start-ups), cela masque une réalité bien moins dynamique.

Il faut redoubler d’efforts autour de nos acquis pour extraire le plein potentiel du numérique
La régulation est encore lente à s’adapter à de nouveaux paradigmes rendus possibles par le numérique. Il en est de même pour le cadre juridique et fiscal. L’ouverture des données publiques en temps réel ne se fait qu’au compte-goutte. L’Etat n’a pas mis en place de véritable outil d’accélération du numérique pour les citoyens et entreprises, et d’une manière générale la notion de « confiance » semble sous-développée, alors qu’elle est au coeur de nouveaux usages porteurs de valeur. Enfin, il existe un réel fossé numérique que peu d’initiatives viennent combler aujourd’hui. Un fossé interne tout d’abord, avec certaines populations exclues du numérique, particulièrement chez les seniors. Un fossé externe ensuite, avec un véritable manque de compétences par rapport à certains de nos voisins européens.

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Étude

Etat des lieux numérique de la France

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Notre pays face à la nouvelle donne numérique 30 fiches d’analyse de la situation à fin 2016

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